Le fondateur de la première dynastie limousine d'émailleurs connus, Nardon Pénicaud, était sans doute plus jeune d'une génération que d'autres artistes restés anonymes, tels le prétendu Monvaerni et le Maître du triptyque d'Orléans. La seule précision apportée par son œuvre est la date de 1503 sur une Crucifixion (musée de Cluny, Paris). Tous ses émaux sont polychromes. Son coloris est sombre et velouté, enrichi de fines gouttelettes d'émail translucide déposées sur une petite feuille d'or ou d'argent, imitant les pierreries. L'iconographie est exclusivement religieuse ; elle emprunte des détails aux xylographies du Nord et de l'Est. Son testament est daté de 1541, mais son activité a dû cesser plus tôt.
Jean Ier Pénicaud devait être son frère plus jeune. Ses œuvres, polychromes elles aussi, s'inspirent plus largement des gravures contemporaines, en particulier de celles de Dürer. L'artiste donne à ses personnages une longueur démesurée.
Jean II est sans doute un fils de Nardon. Sa production débute vers 1532. Ses œuvres polychromes sont assez rares, et il excelle dans la grisaille, usant parfois d'un procédé qui rappelle le sfumato en pe […]
