Peu de peintures murales ont été retrouvées au Proche-Orient, ce qui donne toute son importance au tableau dit de l'Investiture retrouvé sur le mur méridional de la cour du Palmier du palais de Mari. Cette œuvre est datée vers — 1820-— 1800. Alors que le mode d'expression habituel de l'art mésopotamien s'apparente au système des registres superposés où les scènes sont juxtaposées, la Peinture de l'Investiture reproduit dans une composition extrêmement savante le plan de la partie officielle du palais de Mari grâce à un jeu d'encadrements successifs correspondant aux trois espaces visibles depuis la porte d'accès : la cour du Palmier, la salle de la déesse au Vase jaillissant et la salle du Trône où a lieu la rencontre entre Ishtar et le roi, à qui la déesse présente les symboles du pouvoir – le cercle et le bâton – afin qu'il les touche. Le tableau s'inscrit dans un rectangle dont la longueur vaut a√3 – a étant le petit côté –, format particulièrement recherché par les architectes et les artistes mésopotamiens ; l'intersection des diagonales du rectangle se place exactement au niveau de la tête de la déesse. À Mari, la peinture était posée directement sur un enduit sec, il ne s'agit donc pas de fresque.
Photographie
Peinture dite de l'Investiture, Mari, Syrie Peinture dite de l'Investiture, mur méridional de la cour du Palmier ou cour 106, palais de Mari. Dans le panneau central, on reconnaît, au registre inférieur, le thème des déesses au vase jaillissant et, au registre supérieur, la déesse Ishtar faisant toucher au roi l'anneau et le bâton qui lui con……
Crédits: Jean Arnaudet / RMN Consulter
Jean-Claude MARGUERON
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