À partir des environs de ~ 430, un courant nouveau anime la céramique attique à figures rouges : à la noble grandeur du style « libre » classique, représentée en particulier par les Peintres d'Achille ou de Cléophon, fait place le plus souvent un dessin miniaturiste, bourré de détails décoratifs, au service presque exclusif de jeunes femmes gracieusement enveloppées dans des voiles ou dans des draperies finement plissées et brodées, et parées de diadèmes, de guirlandes, de bijoux, souvent blancs ou dorés. Un érotisme discret se dégage de la plupart des scènes, presque toujours situées dans le gynécée, souvent en présence d'Aphrodite et d'Éros, qui viennent ajouter leur grâce à celui des simples mortelles.
Les deux initiateurs les plus brillants de ces tendances nouvelles, actifs surtout entre ~ 440 et ~ 420 env., portent des noms conventionnels. Le Peintre de Shuvalov (ainsi appelé d'après le nom de l'ancien propriétaire [Chouvalov] de l'amphore maintenant conservée à Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage, 4308, avec représentation d'Apollon et d'une Muse) a peint surtout des cruches à vin (oinochoè), des amphores et des hydries ; on lui attribue près de quatre-vingts vas […]
