3. Économie et éducation : écoles mutuelles du début du XIXe siècle
L'apport du xixe siècle à l'histoire de l'éducation réside, d'une part, dans la différenciation des institutions scolaires, d'autre part, dans l'essor de l'éducation populaire à tous les niveaux, depuis le stade préscolaire jusqu'à la formation des adultes.
À ce propos, la multiplication des écoles mutuelles sous la Restauration représente un essai intéressant et audacieux d'organisation d'un enseignement élémentaire de masse.
Après la chute de Napoléon, les exigences ou les effets de la première révolution industrielle rendent de plus en plus sensible le décalage entre les besoins d'instruction et les moyens dont on dispose pour satisfaire ces besoins. Ce n'est pas un hasard si l'enseignement mutuel se développe d'abord en Angleterre, pays dont l'industrie est la plus avancée aux xviiie et xixe siècles. Les industriels de l'époque voient dans le système mutuel, qui consiste à confier plusieurs centaines d'élèves à un seul maître assisté de moniteurs, un moyen de formation rapide et économique et la possibilité de développer chez les travailleurs des habitudes de régularité, d'ordre et de réflexion. L'enseignement mutuel doit aussi, d'après eux, permettre d'instaurer ou de maintenir la paix sociale, menacée par la reconstitution des associations ouvrières. Entre 1815 et 1820, plus de mille écoles mutuelles s'édifient en France et rassemblent plus de cent cinquante mille élèves. Les recrues sont réparties par niveaux. Le passage d'une catégorie à l'autre s'effectue selon des règles strictes d'avancement. Les élèves se groupent en demi-cercles autour des moniteurs de lecture ou prennent place devant de longues tables au bout desquelles d'autres moniteurs, munis de modèles d'écriture ou de tableaux de grammaire et de calcul avec questions et réponses, règlent dans les moindres détails, par coups de sifflet ou gestes conventionnels, les exercices scolaires ou les déplacements. L'instituteur dirige l'ensemble des act […]
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