4. Période contemporaine : radicalisation du problème de fond
Pour autant, les débats ne cessent pas, car, au fond, la pédagogie interroge directement l'école française. Or cette dernière fait piètre mine depuis le début des années 1990. Ses résultats moyens soutiennent l'effort des classes moyennes, et la « pyramide scolaire » s'est reconstituée plus massive et plus large, mais tout aussi sélective et élitiste que dans les années 1950. Or la pédagogie est ce qui reste de l'école, ce que chacun d'entre nous en retient lorsqu'il découvre ou retrouve l'émotion d'apprendre. Elle renvoie à des situations, des postures, des attitudes, découpant des relations « maîtres-élèves » et un climat de réussite qui débordent le strict résultat comptable.
C'est ce que nous enseignent les sciences humaines, venues en force à la rescousse de la pédagogie. Il n'est plus possible aujourd'hui de faire la classe sans avoir en tête que cette classe est un groupe, qu'il y a des résistances à la tutelle magistrale, que les relations cristallisent des transferts et des contre-transferts, que certains élèves ont plus ou moins consciemment « peur d'apprendre ». Nous savons qu'il y a des « effets classe », et des « effets établissement », qui sont liés aux personnes et aux personnalités. Il n'est plus possible de ne pas admettre que « l'estime de soi », la « résilience », ont des incidences centrales sur le désir d'apprendre, sur l'écoute du maître.
La profession enseignante est mutante, elle reprend ses études. C'est ce qui explique la violence des attaques contre la pédagogie et la structure qui est obsessionnellement entendue comme son « appareil », les sciences de l'éducation. Car les attaques redoublent, autour des « plans violence » (1990-2005) des différents ministères, qui, indirectement, remettent en cause la formation scolaire des professeurs, agrégés ou capésiens y compris, par une université ignorant tout, et s'en vantant, des méthodes actives. Dès lors, dans le déni, il faut trouver des respo […]
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