Avec ce peintre apparaît la génération des artistes autrichiens qui, s'ils vont encore se former en Italie, sont néanmoins pleinement conscients de l'originalité de l'école qu'ils forment et qui n'ont plus, à proprement parler, à chercher leurs modèles en dehors des frontières de l'Empire. Comme beaucoup d'entre eux, Paul Troger est un Tyrolien, né dans une famille modeste, toute proche encore de la classe paysanne, tout imbue aussi de traditions religieuses. Décorateur de vocation, il passera sa vie entière au service des communautés religieuses et pratiquement toute sa peinture est faite de sujets sacrés.
Entre 1720 et 1724, Troger fut envoyé en Italie pour se perfectionner. On ne sait pas bien où il séjourna, mais il semble que le rôle de Rome, où il dut fréquenter le milieu de Conca et de Trevisani, ait été déterminant dans sa formation. La clarté de la composition, la tendre délicatesse du coloris, l'élégance des figures qui caractérisent les décors de la bibliothèque au couvent des cisterciens de Zwettl, en Basse-Autriche (1732-1733), semblent bien dériver des modèles offerts par Trevisani. Avec une science extrême, jointe à un sens quasi populaire du merveilleux, Tr […]
