L'un des poètes les plus représentatifs du mouvement précieux. Paul Pellisson n'a pourtant consacré à la littérature qu'une part restreinte de sa vie. Ce protestant originaire de Béziers, homme d'esprit et de talent, se fixe à Paris en 1650 et achète une charge de secrétaire du roi. Il publie une Relation contenant l'histoire de l'Académie française (1652) — il s'agit plutôt d'un exposé familier présentant l'Académie et ses membres — qui lui vaudra le privilège d'être reçu dans la compagnie sans qu'on attende la vacance d'un fauteuil. En 1653, il rencontre Madeleine de Scudéry. Il deviendra son « tendre ami », mais seulement après avoir parcouru cette carte du Tendre qu'il contribuera ensuite à dresser ; il devient aussi l'un des habitués les plus fidèles et les plus brillants de son salon de la rue de Beauce, l'« Apollon du samedi ». Versificateur attitré du « cercle de Sapho », il est de tous les jeux et compose, dans tous les petits genres à la mode, une multitude de pièces, sans que la variété des formes employées parvienne à en masquer la pauvreté et l'uniformité. Meilleur prosateur que poète, et servant mieux la cause de la préciosité lorsqu'il en expose la doctri […]
