4. Une philosophie de la création
Ces images-fictions ne s'insèrent directement ni dans un temps ni dans un espace déterminés. Plus proches de la fable que de l'histoire, elles créent des lieux de fantaisie pour des personnages chimériques. Leurs incursions dans le vécu utilisent le détour de la métaphore ou d'autres tropes visuels. Cependant, au contraire de simulacres, elles transcendent la contingence des êtres et des faits, racontent le monde sur le mode du mythe. Au surplus, la forme aboutie n'est que la réification de l'idée, au mieux, son épiphanie : « la genèse en tant que mouvement formel constitue l'essentiel de l'œuvre » (Tagebücher, 943). En amont se situe le procès créateur, figure de l'œuvre divine. À la manière d'un démiurge, Paul Klee prétend définir les êtres et les lois de son univers poétique, « un peu plus proche du cœur de la création qu'il est habituel, et encore loin d'en être assez proche ».
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