Météorologue et chimiste néerlandais né à Amsterdam. Paul Crutzen obtient un doctorat en météorologie de l'université de Stockholm (Suède) en 1973. Il a effectué une grande partie de sa carrière au Centre national de recherches atmosphériques (N.C.A.R.) de Boulder (Colorado), avant de diriger l'institut Max-Planck de chimie, à Mayence (Allemagne).
Les contributions de Crutzen au développement de la chimie de l'atmosphère ont été nombreuses. La plus marquante est sans doute la mise en évidence, à Stockholm en 1970, du rôle des oxydes d'azote dans la destruction de l'ozone stratosphérique ; or c'est précisément dans la stratosphère que l'ozone constitue un véritable écran protecteur de la vie terrestre contre le rayonnement ultraviolet.
Par ailleurs, Franck Sherwood Rowland et Mario Molina publient, dans Nature, en 1974, un article très remarqué sur la menace que représentent pour la couche d'ozone les chlorofluorocarbures (CFC), composés employés en grandes quantités dans les circuits de réfrigération et dans les récipients à aérosols. Ils montrent que les CFC, après leur libération dans l'atmosphère, sont progressivement concentrés dans la couche d'ozone. Sous l'influence du rayonnement ultraviolet important, ils s'y décomposent, en donnant notamment des atomes de chlore qui vont accélérer la destruction de la couche d'ozone stratosphérique. Les calculs de Molina et de Rowland montrent que, si aucun frein n'est apporté à l'utilisation des CFC, la couche d'ozone pourrait disparaître en quelques dizaines d'années. Leurs travaux ont été à la base des mesures de restrictions de l'usage des CFC prises à la fin des années 1970 et au début des années 1980, puis concrétisées par l'adoption du protocole de Montréal en 1987.
Directeur de l'Institut Max-Planck de chimie à Mayence de 1980 à 2000, Paul Crutzen s'est ensuite plus particulièrement intéressé à proposer des alternatives aux causes anthropiques du changement climatique.
Paul Crutzen a partagé avec Mario Molina et Frank Sherwood Rowland le prix Nobel de chimie en 1995.
Georges BRAM
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