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AUSTER PAUL (1947- )

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« Je suis conteur d'histoires plutôt que romancier, je me sens proche de la tradition orale du récit, qui n'a aucun rapport avec le roman au sens courant du terme. » De fait, de L'Invention de la solitude à Léviathan, en passant par la Trilogie new-yorkaise et Moon Palace, les œuvres de Paul Auster trouvent pour la plupart leur source dans l'expérience d'une perte d'identité, qui va fournir la matière paradoxale de la narration, riches en jeux de miroir et digressions illusionnistes qui les rapprochent du courant postmoderne. Happé par le dehors multiple de la ville – dont New York constitue l'archétype –, capté par la mémoire inépuisable des livres, le héros des romans de Paul Auster est d’abord « un homme qui dort » (Georges Perec) qui, comme dans les contes, vient relater son voyage dans le monde parallèle des mots.

1.  Un art de la mémoire

Né en 1947 à Newark (New Jersey), Paul Auster étudie, à partir de 1970, les littératures française, anglaise et italienne à Columbia University. Plusieurs séjours à Paris (en 1965, en 1967 et, surtout, de 1971 à 1974) lui permettent d'approfondir son intérêt pour la poésie française. Il traduira notamment Jacques Dupin, André du Bouchet, des poètes surréalistes et Le Tombeau d'Anatole de Mallarmé, et dirigera, en 1982, une remarquable anthologie de la poésie française du xxe siècle (The Random House Book of XXth Century French Poetry). Il publie plusieurs recueils de poésie (Unearth, 1974 ; Facing the Music, 1980) ainsi que des textes critiques. Paul Auster rentre à New York en juillet 1974 – une ville qui occupe une place centrale dans son œuvre, dans la mesure où elle constitue un véritable moteur de la fiction. Ce n'est qu'à partir de 1979 que s'opère le passage à la prose, avec White Spaces (Espaces blancs, 1980), inspiré par un spectacle de danse, et surtout avec The Invention of Solitude (L'Invention de la solitude, 1982). Dans ce texte fondateur, l'autobiographie, loin de se donner pour un discours de vérité, suscite sa propr […]

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Le narrateur de Seul dans le noir (trad. C. Le Boeuf, Actes sud, Arles, 2009), dernier roman de Paul Auster, est une fois encore un Jonas confiné dans le ventre de la baleine, espace mental aux abords de la mort, de la survie ou de la renaissance. Dans ce voyage au bout de la nuit en mode mineur, la sauvagerie de la guerre affleure… Lire la suite
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MOON PALACE, Paul Auster

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PaulAuster *Dans L'Invention de la solitude (1982), Paul Auster (né en l947) avait exhumé l'histoire de son père absent. Avec Moon palace (1989), il écrit sa propre autobiographie sous la forme d'une sorte d'« auto-graphie » nationale qui pourrait porter comme sous-titre « L'Lire la suite

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