2. Le grand port du XIXe siècle
On laissera ici de côté le cas des grands ports qui se sont organisés dès le début du xixe siècle, autour d'arsenaux des marines d'État, tels Toulon, Brest ou encore Plymouth, aujourd'hui progressivement atteints, eux aussi, par la fermeture de leurs ateliers ; bien qu'ayant de bonne heure été à la pointe de l'industrialisation dans l'intérêt même de l'efficacité de leurs fabrications, ils appartiennent à une catégorie différente du patrimoine, revendiqués comme patrimoine militaire ou comme patrimoine historique. Ce qui est en cause ici, c'est l'instrument mis au point pour la première fois en Angleterre au service du grand commerce, à Londres, Bristol ou Liverpool et dont les principes ont été largement reproduits dans les ports européens, à Marseille, Brême, Hambourg ou Trieste.
• Accueillir des navires
Rappelons les impératifs auxquels la nouvelle conception des ports du xixe siècle devait répondre. D'abord, accueillir des navires de plus en plus nombreux et de plus en plus grands dans des conditions qui permettent leur accostage immédiat et leur déchargement ou chargement dans les meilleurs délais, dans des zones protégées par des digues de l'agitation de la pleine mer : d'où l'allongement des quais, la construction de jetées perpendiculaires à ceux-ci, voire de docks permettant le maintien à flot des bateaux. C'était l'occasion pour les ingénieurs d'édifier des murs en pierres de taille d'une géométrie parfaite et d'une résistance absolue, selon un art que l'on retrouve à la même époque dans l'architecture des écluses sur le parcours des canaux navigables.
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