La connaissance, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine industriel suppose la mise en oeuvre d'une série de démarches complexes qui, tout en étant confiées à des intervenants bien spécialisés, n'en concourent pas moins à une fin culturelle identique : la défense des valeurs industrielles comme partie intégrante de notre civilisation technique, monumentale, en même temps que de notre mémoire collective et de notre identité. Une telle réflexion, qui s'impose dans tous les pays industrialisés, est particulièrement opportune à propos du pays qui a donné la première impulsion à l'archéologie industrielle.
1. La réutilisation : un argumentaire à élaborer
Connaissance et sauvegarde du patrimoine architectural de l'industrie rejoignent dans leurs pratiques celles qui s'appliquent à d'autres catégories de patrimoine architectural : l'inventaire des sites, les mesures d'inscription et de classement qui, variables dans leurs modalités d'un pays à l'autre, n'en ont pas moins en commun le souci d'éviter les destructions inconsidérées. Toutefois, le cas du patrimoine industriel se distingue clairement, à partir de là, de celui du patrimoine architectural ayant valeur artistique, ou porteur de souvenirs et de symboles historiques. Ce dernier n'a plus à attendre aucune légitimation pour être assuré de survivre, dans le respect collectif, à condition du moins que les finances publiques permettent d'assumer la maintenance de l'héritage. Les bâtiments industriels désaffectés depuis des temps proches ou lointains, en revanche, ne bénéficient pas de la même attention, quand ils ne se heurtent pas à une complète incompréhension, et s'ils se dégradent sur place personne n'entreprendra de lourdes réparations ; bien mieux, leur autodestruction fournira, le moment venu, un argument irrésistible aux partisans de la démolition. C'est pourquoi, chaque fois qu'un bâtiment mérite incontestablement d'être sauvé, il importe de susciter, de la part des intérêts privés comme des pouvoirs publics, l'eff […]
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