3. Des métiers indispensables pour l'industrie
Si, depuis longtemps, la rationalisation et, plus récemment, l'automatisation ont chassé les métiers hors des murs de l'usine, il demeure des secteurs de production industrielle où les savoirs traditionnels restent indispensables. Ainsi les souffleurs de verre de l'usine de Saint-Just-sur-Loire sont les derniers à utiliser pour la fabrique des plaques de verre l'ancienne technique du manchon. Or cette technique est la seule qui procure aux maîtres verriers les milliers de nuances dans la couleur et la texture qui sont nécessaires à la fabrication et à la restauration des vitraux.
La fabrication d'instruments chirurgicaux associe des techniques de pointe, comme le recours à des alliages spéciaux ou la conception assistée par ordinateur, et des savoir-faire de forgerons de haut niveau. Dans l'entreprise Oury-Gyé de Nogent-en-Bassigny, des ouvriers « meilleurs ouvriers » de France confectionnent, à la demande des chirurgiens, plusieurs milliers de modèles d'instruments et de prothèses, parfois en exemplaires uniques.
L'industrie des parfums est aussi un secteur d'activité où cohabitent les techniques les plus modernes et les métiers les plus traditionnels. Le « nez » des parfumeurs, résultat d'un très long apprentissage mais aussi d'un don qui, lui, est censé être intransmissible, n'a toujours pas été remplacé par des instruments de mesure.
De la même façon, sera-t-il possible de se passer du savoir des typographes ? Depuis longtemps détrônés par la photocomposition et aujourd'hui par la P.A.O. (publication assistée par ordinateur), les typographes demeurent pourtant les détenteurs de savoirs et de techniques indispensables à la réalisation des ouvrages d'art.
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