2. Pour obtenir des produits de haut de gamme
Les industries de luxe, comme la mode, la bijouterie, les arts de la table, font appel à une multitude de petits métiers qui requièrent des compétences rares, voire uniques, et qui ne sont souvent accessibles qu'au terme d'un long apprentissage.
Industrie florissante en France, la haute couture est dépendante d'un ensemble de métiers dont la transmission est loin d'être assurée. On peut ainsi déplorer, comme le signale un maître brodeur, cité dans l'étude de Philippe Carré et Sophie Tiévant, la disparition des dernières passementières, la rareté des brodeuses et des gantières spécialisées : « Lorsque les smocks ont été remis au goût du jour par les créateurs, il a fallu réapprendre la technique qui s'était perdue. »
Le métier de modiste, qui tient dans la création et la réalisation de chapeaux de mode, est exemplaire d'un métier menacé pour lequel il existe pourtant une demande relativement importante dans des secteurs comme la haute couture ou le costume de théâtre. Comme beaucoup d'autres métiers rares, celui de modiste fait appel à des savoir-faire multiples et complexes. Ainsi, une bonne modiste doit faire preuve tant d'une bonne maîtrise de techniques très variées (coudre, modeler, façonner, former, piquer à la machine, couper, teindre, apprêter...) que d'un grand sens de l'esthétique (sens des volumes, des proportions, respect des styles...) qui nécessiteront pour les acquérir non seulement plusieurs années de pratique après le C.A.P. mais aussi une passion et un certain don.
La haute couture, comme l'ameublement, nécessite aussi de recourir en amont à des entreprises mobilisant des savoir-faire très rares. C'est le cas de certains tisseurs. Il n'existe plus en France que deux entreprises, l'une à Tours, l'autre à Lyon, qui soient capables de tisser le velours de Gênes. Et, en 1990, une des deux dernières fabriques de guipure, l'usine Sidoux de Saint-Quentin, a fermé ses portes.
La bijouterie-joaillerie, activité largement […]
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