Tous les jours, des métiers disparaissent. Ces métiers s'éteignent faute de débouchés économiques, d'apprentis à qui transmettre les gestes et les techniques, de volonté politique. En revanche, des qualifications apparaissent, toujours plus nombreuses. Et celles qui, en France, occupaient moins de soixante pages dans la nomenclature des professions et des catégories socioprofessionnelles de l'I.N.S.E.E. en 1954 en remplissent plusieurs centaines aujourd'hui. Les métiers épousent donc l'évolution technique et économique de nos sociétés. Quel avenir reste-t-il au cordonnier qui n'adapte pas son échoppe à la pose de talons-minute et ses compétences à celles de fabricant de clés, voire d'imprimeur de cartes de visite ? Combien de temps encore survivront les derniers charrons sachant cercler une roue de charrette qui ne sont pas déjà convertis à la réparation des machines agricoles ? L'évolution peut paraître alarmante. La « fin des paysans » entraîne avec elle la fin de la plupart des artisans ruraux. Les métiers liés à l'agriculture ne sont d'ailleurs pas les seuls à être touchés : pensons aux couturières, aux modistes... La liste serait longue.
La situation est plus grave encore lorsqu'une qualification n'est plus détenue que par une poignée d'individus, voire un seul. C'est le cas par exemple des bombeurs de verre – sachant fabriquer des verres convexes – qui ne sont plus représentés en France que par un seul artisan ou bien encore des batteurs de cuivre dont un des derniers représentants exerce toujours, grâce à l'énergie hydraulique, à Durfort dans le Tarn.
Cependant, les métiers menacés de disparition ne correspondent pas tous à des modes de vie évanouis. Ils peuvent, en effet, pourvoir à des demandes tout à fait actuelles : restauration de bâtiments ou d'objets anciens, production de petites séries pour les industries de luxe. Ils peuvent même s'avérer indispensables dans des processus de production industrielle, comme dans le laminoir de Syam dans le Jura, qui ne […]
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