Les patiences sont-elles des jeux de cartes ? Nombre d'auteurs préfèrent les traiter à part. Pourtant, leur caractère ludique, même s'il est solitaire et parfois teinté d'introspection, est indéniable. Patience ou réussite ? Il semble que les deux termes soient parfaitement synonymes en français, même si le premier est un peu plus ancien et le second plus proche de la cartomancie. S'il n'y a guère de compétition dans les patiences, la notion de « duel » n'est pas évacuée pour autant : elle se déplace simplement dans le temps, le joueur individuel cherchant à battre son propre record de durée ou de réalisation.
La plupart des patiences fonctionnent selon le même schéma : le « joueur » utilise un jeu de cartes, généralement de 52 – mais des réussites se pratiquent aussi avec 32 cartes ou d'autres configurations. Après avoir soigneusement mélangé le paquet, on dispose les cartes devant soi selon des règles prescrites, le but étant de reconstituer l'agencement normal des couleurs et des valeurs, de l'as au roi, ou d'éliminer ces cartes dans l'ordre. Pour ce faire, il est parfois nécessaire de suivre un arrangement intermédiaire imposé – le « tableau » – qui s'étale largement s […]
