5. Le Collège de 'pataphysique
Un Collège de 'pataphysique a été fondé le 11 mai 1948 (22 Palotin 75 de l'ère pataphysique qui s'ouvre le jour de la naissance d'Alfred Jarry, le 8 septembre 1873) ; s'y sont agrégés au fil des ans, outre Queneau, Vian, Duchamp, des peintres (Max Ernst, Miró, Man Ray, Baj, Asger Jorn), des mathématiciens (François Le Lionnais), des historiens et critiques de la littérature et du théâtre (Pascal Pia, Maurice Saillet, Jacques Lemarchand), des cinéastes (René Clair, Henri Jeanson), des explorateurs (Paul-Émile Victor), des dramaturges (Ionesco), des écrivains et des poètes (Jacques Prévert, Jean Ferry, Michel Leiris), à s'en tenir aux plus anciens. Grâce au Collège et à ses Cahiers (28 numéros de 1955 à 1957), suivis de ses Dossiers (28 numéros de 1957 à 1965), puis des Subsidia Pataphysica (28 numéros de 1965 à 1974), et particulièrement aux études personnelles de Jean-Hugues Sainmont et Latis et à leur autorité sur l'ensemble des activités de l'institution, la 'pataphysique a été considérablement approfondie en un quart de siècle. Depuis quelques années, une nouvelle génération pataphysique affine encore la doctrine et l'applique à des sujets neufs. On jugeait que la pataphysique inconsciente était la substance et la 'pataphysique consciente la science ; on distinguait entre la pataphysique qu'on est et la 'pataphysique qu'on fait. Aujourd'hui, il est permis de discerner dans la 'pataphysique consciente une 'pataphysique analytique et une 'pataphysique opératoire. Si la 'pataphysique décrit, comme le veut Jarry, un univers que l'on peut voir et que peut-être l'on doit voir à la place de l'univers traditionnel, alors il faut inventer ce nouvel univers qui illuminera la pataphysique de notre monde usuel. En d'autres termes, la 'pataphysique n'est pas seulement une science d'observation (ou une manière de voir d'où peut découler un comportement et même, pour les exaltés, un art de vivre) ; elle nous invite à utiliser toutes les techniques propres à créer des solutions imaginaires.
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