3. Données historiques et urbanistiques
• La Révolution et les confiscations
Parmi les circonstances historiques qui vont permettre la création des passages, la Révolution française joue un rôle capital. Le 2 décembre 1789, l'Assemblée nationale décrète que « tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation ». Les biens du clergé devenus nationaux ainsi que les hôtels particuliers confisqués en 1792 aux émigrés sont achetés par toutes les classes de la société, mais particulièrement par des représentants de la bourgeoisie. Il se libère ainsi dans Paris des parcelles de terrain et des édifices qui deviennent disponibles pour d'autres affectations. Les premiers passages de Paris sont installés sur ces terrains vacants que les spéculateurs achètent pour les exploiter au mieux. Le passage Feydeau se trouve en partie sur le terrain du couvent des FillesSaint-Thomas, le passage du Caire sur celui du couvent des Filles-Dieu, le passage des Panoramas est construit sur les jardins de l'hôtel de Montmorency-Luxembourg, la galerie Saint-Honoré est sur l'emplacement de la cour de l'église du couvent des Capucins, les deux galeries parallèles du passage de l'Opéra sont installées sur le terrain qu'occupaient les jardins de l'hôtel Morel de Vindé. La géographie des passages parisiens, déjà tributaire des terrains disponibles, obéit en outre au déplacement des centres de l'activité commerciale. Au début du xixe siècle, le commerce de luxe se concentre dans les passages du Palais-Royal tandis que les passages proches de la rue Saint-Denis ont une physionomie beaucoup plus populaire. Le centre de gravité du monde des affaires s'étant déplacé vers l'ouest tout au long du xixe siècle, les passages tracés depuis le Palais-Royal s'insinuent désormais jusque dans le quartier de l'Opéra.
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