On désigne du nom de pasos, les statues isolées ou les groupes de statues portés à dos d'homme au cours des processions de la semaine sainte en Espagne. On a discuté sur l'étymologie du terme. Deux hypothèses sont avancées : ce sont des pasossoit parce qu'ils passent, soit parce qu'ils évoquent la Passion du Christ.
Le destin de ces images sacrées est lié aux confréries, c'est-à-dire aux associations qui se développèrent dans la Chrétienté entière à la fin du xive et au début du xve siècle. Les unes visaient des fins essentiellement corporatives, les autres avaient une destination uniquement religieuse, en particulier les confréries de la Passion, qui entendaient émouvoir les fidèles en mettant en scène les personnages du drame du Calvaire. L'évolution conduisit dans un cas au théâtre religieux et aux mystères, dans l'autre aux processions spectaculaires, avec pasos et flagellants, dont la pénitence formait un extraordinaire tableau vivant.
Ces pratiques de dévotion populaire furent encouragées par le concile de Trente, qui favorisa les manifestations extérieures de la piété. On assiste à la fin du siècle à u […]
