L'un des divers noms (avec Gaurī, Annapurnā, Kumārī, etc.) que porte la parèdre du dieu hindou Shiva. Mais c'est sous ce nom (« la montagnarde ») que ses fidèles la désignent le plus fréquemment. « Pārvatī » exprime l'idée que la déesse cohabite avec le dieu au sommet de la montagne cosmique, axe du monde, symbolisé sur notre terre par un pic de l'Himalaya. C'est de là qu'elle exerce sur l'univers sa puissance souveraine, cependant que Shiva médite et pratique l'ascèse à la manière d'un yogin.
Photographie
Shiva et Parvati, art de l'Inde Groupe en bronze représentant Shiva et sa parèdre, Parvati. Style chola, Inde. Vers 846. Cuivre. Hauteur : 50 cm, largeur : 67 cm, profondeur : 26 cm. Victoria and Albert Museum, Londres.
Crédits: Dinodia Picture Agency, Bombay, The Bridgeman Art Library Consulter
On reconnaît en cette représentation le thème tantrique bien connu de l'impassibilité (non-activité, « sommeil » cosmique) du principe mâle face à l'activité surabondante du principe femelle, appelé, pour cette raison même, śakti (« énergie créatrice »).
Toutefois, dans l'hindouisme classique, on trouve l'idée que Pārvatī parvient parfois à sortir Shiva de sa méditation : le dieu manifeste alors sa colère, puis se réconcilie avec son épouse (le thème des « noces de Shiva et Pārvatī » est très fréquent dans l'iconographie) avant de retourner à son ascèse. De leur union naissent des dieux secondaires qui représentent certains aspects de la fonction cosmique de leurs parents : Ganeśa, ou Ganapati, le dieu à tête d'éléphant par la grâce duquel les intellectuels et les artistes parviennent à surmonter les obstacles qui les empêchent de créer ; Skanda, ou Kumāra, jeune guerrier qui symbolise la violence nécessaire à l'accomplissement de toute œuvre, même spirituelle ; d'autres encore, de moindre importance.
Le culte de Pārvatī est très répandu dans l'Inde, principalement dans la vallée du Gange et sur le plateau central du Deccan.
Jean VARENNE
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