3. Paros après l'Antiquité
On ignore la date de la destruction de la ville antique, mais elle est antérieure au milieu du vie siècle apr. J.-C., puisque c'est alors qu'est construite sur l'ordre de l'empereur Justinien, par l'architecte Ignatios, la grande église dite Catapoliani, qui remploie plus de quinze cents blocs tirés de constructions antiques en ruines. Sa restauration minutieuse, par Athanasios Orlandos, a rendu à cette église protobyzantine, l'une des plus belles de Grèce, sa grandeur première, qui devait contraster avec l'état primitif de l'habitat : incursions de pirates et invasions diverses (Slaves et Arabes) aboutissent au dépeuplement de l'île, aux côtes trop ouvertes ; en 835, on la dit désolée et abandonnée.
La domination vénitienne, de 1207 à 1537, apporte un renouveau, avec la construction de forteresses (à Képhalos et Parikia, où la muraille opposée à la mer, bien conservée, est composée exclusivement de blocs antiques d'un travail souvent admirable) ; l'agriculture, l'extraction du marbre reprennent. L'occupation turque, d'abord violente, entraîne un nouvel assoupissement, un moment interrompu (1770-1774) par le stationnement de la flotte russe dans la baie de Naoussa.
Aux xixe et xxe siècles, divers essais de reprise de l'exploitation des carrières de marbre sont entrepris, qui modifient profondément l'aspect du site, dont la sauvegarde est aujourd'hui envisagée, tandis qu'on s'efforce tardivement de pallier les effets d'un tourisme massif.
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