4. La doxa
Le hasard des transmissions a livré peu de restes de l'enseignement annoncé par la déesse comme un « arrangement trompeur de mots à moi », une doctrine vraisemblable, en laquelle ne réside aucune ferme assurance de vérité. Cette dernière partie du poème aurait contenu une cosmogonie, une cosmologie, une anthropologie et une démonologie.
Elle représente l'univers comme composé de deux étoffes (« matières » et « substances » sont à éviter comme termes tardifs) : l'une, légère, chaude et lumineuse, l'autre dense, froide et obscure. Les spécialistes s'interrogent pour savoir s'il faut les disposer par « couronnes alternées » à l'intérieur de la Sphère, ou du plus léger au plus dense à travers la série dégradée des mélanges : de l'extérieur vers l'intérieur occupé par la terre dense, le tout enveloppé pourtant du « ciel d'airain », c'est-à-dire d'une couche opaque infranchissable. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un univers fini, clos et plein, par opposition à l'univers pythagoricien, conçu comme un mélange de plein et de vide, et enveloppé de vide à l'infini. Chaque chose et chacun serait composé d'un mélange selon des proportions définies, instable au surplus, avec un équilibre sans cesse à rétablir. Ni l'étoffe légère ne peut être identifiée à l'esprit, ni la dense à la matière. Mieux vaut dire que l'une est lumineuse et voyante, sonore et audiante, et surtout mémorisante ; tandis que l'autre serait obscure et aveugle, silencieuse et sourde, et surtout oublieuse. À proportion du mélange, pour chacun à chaque occasion, la pensée se réalise.
Maintenant, cette composition est dite un artifice fabriqué avec des mots maladroits. S'agit-il d'une théorie « préscientifique », d'une cosmologie fabriquée parmi d'autres du même âge, suffisante pour justifier les aspects du ciel et les « effets du soleil » ? Cosmologie d'ailleurs assortie d'une réserve épistémologique qui limite la créance. Elle serait proposée pour répondre à la curiosité humaine, en lui évitant l'errance entre do […]
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