Dès l'Antiquité, la paraphrase figure dans les manuels pédagogiques pour la formation des futurs orateurs, au titre des progymnasmata (« exercices préparatoires » à la rhétorique) : ainsi chez Quintilien, Hermogène ou Aphtonios ; c'est un exercice pratique de lecture et de reformulation développée à partir d'un texte d'auteur ou d'une sentence. La paraphrase se rencontre également dans un contexte d'exégèse religieuse sous la plume d'auteurs grecs comme le philosophe Philon d'Alexandrie, et Origène, l'un des Pères de l'Église. Cette tradition du commentaire biblique a traversé tout le Moyen Âge et la Renaissance (cf. les Paraphrases in Novum Testamentum d'Érasme), et évolué progressivement vers le genre littéraire à l'époque classique.
Ce n'est qu'à une date récente que la paraphrase s'est constituée comme objet d'étude pour la linguistique, sous l'effet des travaux en traitement automatique du langage (recherche de l'identité de contenu informationnel derrière la diversité des formes) et des grammaires transformationnelles (descriptions grammaticales de la parenté formelle entre phrases synonymes). Les exemples typiques de paraphrase linguistique se situent en syntaxe, incluant parfois des faits de lexique. Ainsi la relation actif/passif (ex. : Le boucher a acheté ce magasin, Ce magasin a été acheté par le boucher) ; les nominalisations (ex. : Le musicien exécute ce morceau lentement, L'exécution de ce morceau par le musicien est lente) ; ou les converses (ex. : Paul a vendu le livre à Pierre, Pierre a acheté le livre à Paul).
Ces approches grammaticales de la paraphrase doivent tenir compte de l'ambiguïté de certaines structures syntaxiques (ex. : La circulation a été déviée par la gendarmerie provient soit de La gendarmerie a dévié la circulation, soit de On a dévié la circulation [en la faisant passer] par la gendarmerie) et de la polysémie de certains marqueurs grammaticaux (ex. : Sans vous je m'ennuyais équivaut soit à En votre absence je me suis effectivement ennuyé, soit à Si vous n'aviez […]
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