Raisonnement erroné, fait en toute bonne foi et sans intention de tromper (ce qui le distingue du sophisme, qui est un paralogisme perpétré avec l'intention de tromper). Étymologiquement, commettre un paralogisme c'est « raisonner à côté ». Historiquement, sont demeurés célèbres les paralogismes de la raison pure énoncés par Kant dans la dialectique de la Critique de la raison pure (1781) : la psychologie rationnelle prétendait à tort pouvoir démontrer grâce à eux certaines propriétés de l'âme (à savoir sa substantialité, sa simplicité, sa personnalité, l'idéalité de ses représentations). Il s'agit là de paralogismes « transcendantaux » qui ont leur « fondement dans la nature de la raison humaine et entraînent une illusion inévitable mais non insoluble ». L'erreur cachée consiste à confondre le « je pense », concept transcendantal (il ne sert qu'à « présenter toute pensée comme appartenant à la conscience ») purement formel et vide de tout contenu, avec le moi empirique et avec l'âme. À partir de cette confusion, la psychologie rationnelle voudrait démontrer que l'âme possède des qualités qui impliquent, et c'est là le point essentiel, son immortalité. Que l'immortalité de l'âme n'est pas rationnellement démontrable, ou que sa prétendue démonstration repose en fait sur un paralogisme, telle est la première affirmation par où Kant inaugure sa critique de la métaphysique traditionnelle.
Françoise ARMENGAUD
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