Le président Fernando Lugo Méndez, ancien évêque dont l'investiture à la tête de l'État le 15 août 2008 a mis fin à soixante et un ans de règne du parti Colorado, doit faire face à de fortes attentes et relever d'importants défis politiques en 2009. Les efforts qu'il déploie pour respecter ses engagements sur la réforme agraire (1 p. 100 de la population détient 77 p. 100 des terres arables), la lutte contre la pauvreté (touchant 42 p. 100 des Paraguayens), contre la corruption et la criminalité et pour améliorer l'accès à la santé se heurtent cependant à la crise économique mondiale, à la dislocation de son alliance politique et à la résistance des membres du parti Colorado présents au sein du gouvernement. Le président Lugo doit, par ailleurs, faire face à divers scandales relatifs à sa vie privée (procès en paternité) et à des accusations de népotisme concernant sa sœur ; ces allégations ternissent l'image réformiste du président.
Fernando Lugo voit cependant ses démarches couronnées de succès dans trois domaines. Tout d'abord, le 28 avril, il conclut avec son homologue bolivien Evo Morales un accord mettant fin à un différend frontalier. Le tracé de la frontière – tant fluviale que terrestre – avait été à l'origine du conflit le plus meurtrier d'Amérique du Sud au xxe siècle, la guerre du Chaco (1932-1935), dont l'enjeu était le contrôle des hydrocarbures de la région. Ensuite, en juillet, il signe un accord avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, par lequel Brasília accepte de tripler les recettes annuelles que reçoit Asunción pour l'électricité produite par le barrage hydroélectrique d'Itaipú, exploité conjointement par les deux pays (un traité de 1973 obligeait le Paraguay à vendre son électricité au Brésil à un tarif très inférieur à celui du marché). Enfin, le gouvernement vient à bout de la résistance du Congrès, opposé à l'allocation de fonds supplémentaires, et parvient à augmenter de façon significative l'aide financière et médicale attribuée à la population vivant au-dessous […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



