5. Tendances actuelles du phénomène
En réalité, il est facile de nos jours de se trouver en contact instantanément avec n'importe quel point de la planète – c'est le propre de la mondialisation – et les questions purement géographiques ont perdu leur importance stratégique. On a vu pour cette raison apparaître dans les années 1990 de nouveaux paradis fiscaux et bancaires n'offrant aucun service particulier, n'ayant aucune tradition financière ni aucune infrastructure adaptée. Les plus connues de ces places étaient les îles de Nioué, de Nauru ou de Labuan, les archipels de Vanuatu ou de Samoa, les Mariannes ou les îles Cook, confettis égarés le plus souvent loin de toutes les côtes, territoires les plus improbables pour des activités financières véritables. Ces territoires isolés au milieu des mers, pauvres en ressources, parfois démunis, ont trouvé dans leur transformation en centre offshore le seul moyen de drainer des capitaux. Protégés par leur souveraineté internationale, le seul avantage qu'ils procurent est un secret fiscal, bancaire et judiciaire impénétrable.
Ces places financières sulfureuses ont cependant été la cible de la communauté internationale car elles offraient des prestations trop visiblement contraires aux règles d'une finance saine. Elles ont dû, sous la pression, accepter de négocier une relative coopération avec les autres pays pour éliminer les comportements les plus inacceptables. En contrepartie, elles ont obtenu de ne plus être stigmatisées comme des juridictions condamnables. C'est ainsi que les listes noires établies au début des années 2000 ont été expurgées par les organisations qui les avaient établies.
À partir du 11 septembre 2001, la priorité a été donnée, sous la pression des États-Unis, à la lutte contre le financement du terrorisme, sans pour autant que soit remise en cause l'existence des paradis fiscaux et bancaires, dont les États-Unis sont de gros utilisateurs et qu'ils n'ont pas intérêt à voir disparaître. La législation qu'ils […]
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