3. Les utilisateurs des paradis fiscaux et bancaires
La recherche d'avantages fiscaux ou de législations plus souples que celles des autres pays est l'intérêt le plus volontiers reconnu par les opérateurs, car il n'est pas connoté péjorativement. Parfois, ces pratiques sont encouragées par les États eux-mêmes. Ainsi, l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) a condamné les États-Unis le 30 août 2002 pour leur système légal de foreign sales corporation (F.S.C.), qui autorise les sociétés américaines à défiscaliser leurs exportations dans des paradis fiscaux et bancaires et à concurrencer ainsi les entreprises étrangères par le biais des exonérations fiscales. Cette condamnation a été confirmée en appel en février 2006, les États-Unis n'ayant pas modifié leur législation. C'est ainsi également qu'il n'est pas une grande banque qui n'ait implanté dans l'un de ces paradis fiscaux et bancaires au moins une – et souvent bien plus – succursale, filiale ou agence pour y effectuer les opérations financières qui ne seraient pas réalisables dans son pays d'origine.
Des plus grandes aux plus petites, les firmes n'hésitent plus à recourir aux services de ces territoires complaisants, dont l'un des principaux intérêts réside dans le refuge qu'ils procurent à l'optimisation fiscale, démarche en elle-même licite qui consiste à utiliser les possibilités offertes par la loi pour choisir des solutions juridiques permettant de payer moins d'impôt. Mais c'est surtout la fraude fiscale, punissable dans le pays d'origine, qui en fait des places recherchées et facilement accessibles. Plus grave encore, ces places permettent de blanchir l'argent provenant d'activités illégales ou criminelles, toujours grâce au secret et à la dissimulation qu'elles favorisent.
Les paradis fiscaux et bancaires se trouvent presque toujours impliqués dans les grandes affaires politico-financières et de blanchiment qui défraient la chronique : au cours de l'été de 1999, on apprenait par exemple que la Banque cent […]
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