3. Le médecin
Le rôle joué par Paracelse dans l'histoire de la médecine est double : il se présente à la fois comme le père de la médecine hermétique et comme un précurseur.
Paracelse confirme la science de son époque dans des erreurs graves. Il corrobore l'influence attribuée aux planètes sur la naissance, l'évolution et le traitement de la maladie. La théorie des correspondances (signatures, caractères, « teinture ») lui permet de décrire les rapports des organes et du monde extérieur (minerais, plantes, animaux). Il donne une place centrale à ce qu'il appelle les maladies invisibles, entendons : les délires de la foi et de l'imagination. Si cette conception fait entrevoir à Paracelse l'influence du psychisme sur le physique, elle justifie les pires abus.
Il serait faux de voir en Paracelse un des fondateurs de la science médicale moderne, au même titre qu'André Vésale (1514-1564) et William Harvey (1578-1657). Certains de ses contemporains ont effectué des découvertes qu'il était traditionnel de lui attribuer, notamment Heinrich Wolff (1520-1581), dans le domaine de la médecine chimique et minérale, Alexander Zeitz (1470 ?-1545 ?) dans celui de la critique des onguents et de la saignée, de la diététique et de l'asepsie. Il n'est pas le seul à célébrer l'expérience et la pratique. Il réalise cependant des découvertes et des analyses de détail importantes (en particulier : études de l'acide nitrique, des sels et des sulfates ; découverte de produits narcotiques, du rôle des éthers ; utilisation des poisons par dosage ; description de la maladie des mineurs, de la syphilis ; étiologie du goitre ; traitement de l'hydropisie par le mercure ; rôle de l'estomac et des sucs gastriques). Il a de plus deux mérites principaux : il oriente vers la thérapeutique l'alchimie qui s'épuisait dans une recherche stérile de la transmutation des métaux ; en refusant d'attribuer les dérèglements morbides aux altérations des humeurs, en considérant la maladie comme l'affection particulière et locale d'un organe ou d'un ensemble d'organes, il ébranle définitivement l'édifice de Galien.
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