7. Tensions sociales et violences dans un État faible
Confronté à des tensions sociales et à un climat de violence, le pays se trouve quelque peu démuni en raison de ses faiblesses structurelles déjà évoquées (hétérogénéité, conflits politiques, corruption). La première cause de ces difficultés tient à une démographie mal contrôlée : la Papouasie-Nouvelle-Guinée est en pleine « transition démographique », avec un accroissement naturel de plus de 2 p. 100 par an (natalité 31,5 p. 1000, mortalité 9,3 p. 1000 en 2005). La population est jeune (40,3 p. 100 de moins de 15 ans contre 18 p. 100 en France), avec une espérance de vie encore très faible (56 ans). C'est que les maladies endémiques (paludisme) restent virulentes, tandis que la propagation du sida a été telle que le gouvernement australien a décidé, en 2005, de limiter les déplacements des ressortissants papous sur son territoire.
Le second facteur de déstabilisation sociale tient à la pauvreté. Une part importante de la population a des revenus extrêmement faibles, ou ne participe pas du tout au système monétaire. Plus de 40 p. 100 de la population vit encore, dans les années 2000, avec moins d'un dollar par jour. Le sous-développement transparaît bien à travers le très bas indice de développement humain (0,523 en 2004), qui situe le pays au 137e rang sur 176 pays classés.
Le troisième élément de la « crise sociale » tient au développement rapide et incontrôlé des villes. Certes, le taux d'urbanisation reste faible, à peine 15 p. 100 de la population totale, mais les villes n'en attirent pas moins d'importants flux de ruraux, venant en particulier des hautes terres. Port Moresby, la capitale, dépasse largement, à la fin des années 2000, les 300 000 habitants (293 000 au recensement de 1999), Lae compte 80 000 habitants, Madang, Wewak, Goroka, Mount Hagen et Rabaul entre 15 et 30 000 habitants. Le déferlement de jeunes ruraux déracinés et sans travail aboutit à l'augmentation d'une criminalité dont l'extrême violence […]
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