2. L'émiettement géographique, linguistique et culturel des populations
Le cloisonnement des milieux géographiques, la difficulté des communications ont favorisé l'émiettement des populations en petits groupes de quelques dizaines ou centaines d'habitants, à l'échelle du clan, du hameau et du village. Dans de telles sociétés aux structures atomisées, la chefferie n'était ni héréditaire ni élue, mais en général gagnée à l'issue d'une compétition fondée sur une économie de prestige : le « Grand Homme » (Big Man) est celui qui a accumulé le plus de richesses, notamment des cochons, qu'il redistribue ensuite à l'occasion de somptueuses cérémonies. Le « Grand Homme » est par définition généreux, c'est-à-dire que ne peut s'élever que celui qui est riche et que n'est riche que celui qui est dans une position sociale reconnue. En théorie, le pouvoir est ouvert à tous, mais, en réalité, il est rigoureusement contrôlé par la confrérie des hommes souvent âgés qui le possèdent déjà (J. Bonnemaison). Chaque groupe tribal, chaque confédération de clans relevant d'ancêtres communs a ses rituels, ses coutumes particulières, son type de chefferie. Surtout, la différenciation se fait souvent par la langue, car la Papouasie-Nouvelle-Guinée (comme l'ensemble du monde mélanésien) se caractérise par une étonnante pulvérisation linguistique, puisque la seule île de Nouvelle-Guinée compte plus de huit cents langues différentes. Certaines, menacées de disparition parfois, ne sont parlées que par quelques centaines de locuteurs, d'autres, dans les hautes terres notamment, intéressent des groupes plus nombreux, comme celle du pays Enga parlée par près de 200 000 personnes. On comprend facilement donc la diffusion rapide du pidgin à base d'anglais (tok pisin) comme langue de contact, érigée ensuite en langue nationale aux côtés de l'anglais et du hiri motu, la langue indigène de la région de Port Moresby. Il n'est pas étonnant non plus qu'entre ces groupes claniques la guerre rituelle ait été aut … ]
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