2. Épidémiologie et transmission
Tout papillomavirus est spécifique d'une espèce : les papillomavirus humains (HPV) infectent strictement l'homme. Ils sont transmis par contact direct à travers des microlésions de la peau ou des muqueuses, ou au cours de rapports sexuels. Du fait de la résistance de ce virus, une transmission indirecte, dans des conditions de promiscuité ou de mauvaise hygiène, par le linge, les toilettes, ou toute autre surface contaminée est possible. C'est le cas des verrues plantaires transmises par l'intermédiaire du sol des piscines.
La transmission de la mère à l'enfant, au moment de l'accouchement, peut être à l'origine d'une papillomatose laryngée chez l'enfant, si la mère est porteuse de condylomes anaux ou génitaux.
L'infection génitale à papillomavirus humain est l'une des maladies sexuellement transmissibles les plus fréquentes chez l'homme, ainsi 40 p. 100 des femmes sexuellement actives ont été exposées à ces virus. Les principaux facteurs de risque d'infection génitale à papillomavirus sont la précocité des premiers rapports sexuels, la multiplicité des partenaires et la coexistence d'autres maladies sexuellement transmises. L'infection est donc particulièrement fréquente chez la femme jeune et reflète l'activité sexuelle. Puis le virus est le plus souvent spontanément éliminé, en absence de réinfection ou de facteurs favorisant sa persistance tels que l'immunodépression ou la grossesse. Ainsi, le taux d'infection décroît avec l'âge, et moins de 5 p. 100 des femmes de plus de cinquante-cinq ans sont porteuses du virus.
On connaît actuellement près de cent types de papillomavirus humains qui se distinguent par leur séquence nucléotidique. Les différents génotypes peuvent être classés en fonction de leur tropisme cutané ou muqueux et de la localisation des tumeurs, cutanées, orales, nasales ou génitales. Certains génotypes sont associés à des cancers, ce sont les HPV dits à haut risque oncogène. Les autres HPV sont à faible risque oncogène, car l'infection par ces virus évolue exceptionnellement vers un cancer. Le cancer du col utérin est principalement dû à une infection persistante par le HPV16 ou le HPV18. Le type en cause varie selon les régions du globe : en Europe, près de 70 p. 100 des cancers sont associés au HPV16 ; en Asie du Sud-Est, 32 p. 100 sont associés au HPV18 ; et en Amérique du Nord ou en Afrique, 13 p. 100 sont associés au HPV45.
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