1. Les stoïciens
En toute rigueur, on devrait réserver le terme de panthéisme (apparu pendant la Renaissance) à un petit nombre de philosophes chez lesquels apparaît explicitement l'affirmation de l'identité de Dieu avec le tout de l'être, celui-ci englobant la nature ou se réduisant à elle.
C'est pourquoi on fera commencer l'histoire du panthéisme avec les stoïciens et non pas avec les présocratiques ; on ne trouve en effet chez ceux-ci que l'affirmation de l'unité de l'être, qu'il soit la Sphère immobile parménidienne ou le feu en perpétuel mouvement d'Héraclite. Mais, ces doctrines n'étant pas encore parvenues à la claire conscience de ce que pourrait être un Dieu spirituel transcendant, le terme de panthéisme ne saurait les désigner en toute rigueur. C'est à partir seulement de l'épreuve platonicienne pour l'Occident, et de l'épreuve védique pour l'Orient, que la question d'un panthéisme prend un sens, forcément dialectique et polémique, fin de non-recevoir opposée par le monisme à toutes les difficultés insurmontables créées par le dualisme et les philosophies de la transcendance.
Le stoïcisme antique, notamment avec Zénon de Citium, est la première doctrine qui affirme clairement que le monde est Dieu. Le monde comme totalité est un être raisonnable et sage, et c'est en cela qu'il est divin. Derrière cette métaphysique se trouve certes une physique, puisque l'être du monde et le fondement de la nature sont constitués par un feu ; mais la métaphysique redevient le vrai sens de la philosophie de la nature lorsque ce feu est conçu comme un « feu artiste » qui informe rationnellement la nature par méthode et réflexion.
Cette métaphysique stoïcienne de l'unité de la nature opérée par le principe igné se donne en même temps comme une esthétique, si l'on prête bien attention aux descriptions de Cicéron (De la nature des dieux) et de Diogène Laërce (Vies et opinions des philosophes), par lesquelles est connu l'ancien stoïcisme de Cléanthe et de Zénon.
C'est l'admiration enver […]
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