Le président panaméen Ricardo Martinelli bénéficie d'une forte popularité dans les sondages au début de l'année 2010, mais, par la suite, ses choix politiques et son autoritarisme sont souvent remis en cause. Accusé de clientélisme et de népotisme, il nomme notamment deux de ses proches à la Cour suprême : José Abel Almengor, son ancien secrétaire à la Sécurité, et Alejandro Moncada, limogé en 2000 de la police judiciaire pour manquements graves à la déontologie. En janvier, la Cour suprême suspend par ailleurs, sur ordre de l'exécutif, le procureur général Ana Matilde Gómez pour abus de pouvoir ; mais la nomination par le président de son remplaçant pose des questions concernant la constitutionnalité de cette démarche.
Le gouvernement réorganise les forces de sécurité afin d'endiguer une criminalité croissante : le taux d'homicides a pratiquement doublé en deux ans. Le ministère du Gouvernement et de la Justice, ainsi que la police nationale et les douanes aériennes et maritimes laissent désormais la place au ministère de la Sécurité publique, tandis que la protection civile, le service postal ainsi que les administrations locales et provinciales sont regroupées sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. En juillet, des ouvriers d'une entreprise bananière à Bocas del Toro, sur l'île de Colón, s'opposent à l'adoption d'une loi qui compromet leurs droits syndicaux, augmente les pouvoirs de la police et réduit la législation environnementale. Plusieurs manifestants sont tués – le nombre n'est pas confirmé – et des dizaines d'autres blessés au cours des affrontements avec les forces de l'ordre. Face à la vive réaction des organisations de défense des droits de l'homme, le gouvernement doit entamer un dialogue avec l'opposition et, finalement, abroger le texte.
La croissance économique du pays, qui était tombée à 2,5 p. 100 en 2009 après avoir affiché une moyenne de 9 p. 100 pendant cinq ans, devrait remonter à 4,8 p. 100 en 2010. Selon les experts, l'économie panaméenne enregistrera une croissance plus forte que celle des autres pays d'Amérique latine durant la période 2011-2015.
Orlando J. PEREZ
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