5. Un problème mondial
En 2004, dans le cadre d'une initiative connue sous la nom de « consensus de Copenhague », des experts internationaux, notamment économistes, ont évalué différents projets et programmes de financement propres à améliorer le bien-être global et particulièrement celui des pays en développement : les projets de lutte contre le sida, la malnutrition (par distribution de micro-nutriments) et le paludisme figuraient en tête du classement.
C'est en effet la triade fatale qui affecte les populations des régions intertropicales, et surtout l'Afrique subsaharienne. C'est dans cette zone que l'on décompte le plus grand nombre de cas mortels de paludisme (90 p. 100), en particulier chez les plus jeunes enfants et les nouveau-nés. Le traitement préventif des femmes enceintes y est également nécessaire. C'est le cercle vicieux pauvreté-paludisme qui est en cause, car les mesures de santé publique indispensables sont trop onéreuses pour les économies locales. La communauté internationale, via l'O.N.U. et en particulier l'O.M.S., est consciente de cet enjeu majeur de santé dans le monde. Il a été mis en œuvre, en 2002, un Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui fournit à la lutte contre ce dernier fléau les deux tiers de ses ressources (en 2007, 3 milliards de dollars avaient été investis par le Fonds contre cette maladie). Malgré l'aide de la Banque mondiale, cela ne sera pas suffisant, quoique, depuis juin 2005, « l’initiative » du président Bush ait dégagé 1,2 milliard de dollars sur une période de cinq ans. Aussi est-on amené à chercher d'autres manières de financer les traitements dont ont besoin les populations en danger, à l'exemple de la taxe sur les billets d'avion pour financer la Facilité internationale d'achat de médicaments (programme Unitaid), lancée en 2006 par le Brésil, le Chili, la France, la Norvège et le Royaume-Uni. Cela ne peut toutefois se substituer à la mobilisation – réelle, déjà, ici et là – des pays touchés eux-mêmes, soit pour élaborer des médicaments (ASGM au Brésil), soit pour accompagner la prévention (Zambie).
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