Formé dans l'ardent foyer d'idées qu'est Turin avant la Première Guerre mondiale (il y devint secrétaire de la section socialiste), Palmiro Togliatti est, en 1919, rédacteur en chef de l'Ordine nuovo, organe de la tendance d'Antonio Gramsci et point de ralliement de l'aile communisante du Parti socialiste. Après la session du Congrès de Livourne (1921), il adhère au Parti communiste italien (P.C.I.), dont il deviendra, en 1924, membre du comité central et directeur de la publication Il Communista. Au lendemain de la marche sur Rome (1922), il est plusieurs fois molesté et arrêté. Lors des lois exceptionnelles de 1926, Togliatti, qui, au moment de leur promulgation, séjourne à Moscou et participe à une réunion du Komintern, échappe à la répression qui décime l'état-major communiste ; son exil va durer dix-huit ans. Il vit en Suisse, puis se fixe à Paris, où il publie, sous des pseudonymes (Mario Correnti, Ercole Ercoli), des écrits antifascites et édite la revue idéologique Lo Stato operaio, fondée en 1927. Secrétaire général du P.C.I., il fait prévaloir, au Congrès de Cologne (1931), la thèse de la priorité à la propagande intérieure en Italie. Il mène, parallèlement, une carrière de dirigeant international comme membre du comité exécutif du Komintern. Au VIIe congrès du Komintern (1935), avec Dimitrov, il préconise la politique des fronts populaires groupant les forces antifascistes. Il est chargé des relations avec les divers partis communistes et accomplit une mission pendant la guerre d'Espagne (1937-1939). Arrêté par la police française au début de la Seconde Guerre mondiale, il part pour l'U.R.S.S.
Après l'occupation de la Sicile par les forces alliées en 1943, sachant qu'une révolution socialiste en Italie a peu de chances de réussir, le Parti communiste italien accepte, afin de conserver et d'accroître les avantages acquis, de collaborer avec la monarchie : en mars 1944, à son retour en Italie, Togliatti participe, comme ministre sans portefeuille, aux gouvernements Badoglio et Bonomi. Il ne suit […]
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