Les documents sur Palma le Vieux sont rares : il est cité à Venise en 1510 seulement, la première commande dont on garde la trace est de 1520 et elle concerne une œuvre perdue, Le Mariage de la Vierge, peinte pour Sant'Antonio di Castello. Pourtant, malgré les divergences de la critique sur le nom de ses premiers maîtres ou sur la paternité de plusieurs œuvres importantes (attribuées, selon les cas, à Titien, à Lotto, à Benedetto Carpaccio avant de lui être rendues), les sources et l'évolution de son art sont assez bien définies : Palma trouve son point de départ dans la peinture vénitienne du Quattrocento finissant ; il en retient l'ordonnance des grands polyptyques à double registre, les schémas de composition, les thèmes iconographiques (Sacre Conversazioni, Christ portant la croix, Christ bénissant). La mise en page de ses premiers portraits montre également ce qu'il doit à Bellini, tandis que la Madone lisant (musée de Berlin) se rattache évidemment à Carpaccio (l'œuvre a d'ailleurs été parfois attribuée au fils de celui-ci, Benedetto).
Mais dès les premières années du siècle, Palma réagit à l'art de Giorgione, peignant de […]
