2. L'art Pallava
L'innovation qui consista pour les artistes à cesser d'employer exclusivement le bois et l'argile, matériaux périssables, pour s'essayer à la réalisation d'œuvres en pierre se produisit tardivement dans l'extrême sud de l'Inde : à la fin du vie siècle, voire au début du viie. Le roi Mahendravarman Ier, qui était non seulement un poète (on porte à son crédit une farce en sanskrit demeurée célèbre, le Mattavilāsa) mais aussi un musicien et un peintre, déclare dans une inscription (Maṇḍagapaṭṭu) avoir introduit au Toṇḍaimaṇḍalam un type de monument défiant le temps, « sans briques, sans charpente, sans métal ni mortier ». Il s'agit vraisemblablement de l'architecture rupestre, laquelle a déjà donné en d'autres régions des chefs-d'œuvre (par exemple à Karli et à Ajaṇṭā au Maharaṣṭra, à Bādāmi au Karṇaṭaka).
Une trentaine de grottes (maṇḍapam) taillées en divers lieux du Toṇḍaimaṇḍalam sont attribuées au règne de Mahendravarman : elles illustrent la première phase du style Pallava. Les grottes, les grands bas-reliefs et les petits sanctuaires monolithes (ratha) de Mahābalipuram en constitueraient la deuxième phase, remontant pour l'essentiel au règne de Narasimhavarman Ier. La troisième phase se caractérise par des temples de pierres taillées et assemblées, conséquence des progrès atteints sous Rājasimha (env. 680-720) dans la technique d'extraction. Au début du viiie siècle se situeraient la construction du Kailāsanātha à Kāñcī, peut-être celle du Tālagirīśvara à Pannamalai et l'achèvement du « temple du Rivage » à Mahābalipuram ; à la fin du siècle auraient été édifiés le Sundararāja-Perumāḷ à Uttaramērūr et le Vaikuṇṭha-Perumāḷ à Kāñcī ; au ixe siècle, enfin, prendraient place le temple de Bāhūr et Vīrattaneśvara à Tiruttani, pour n'en citer que quelques-uns.
La quasi-totalité des temples Pallava subsistant sont brahmaniques, […]
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