5. « Je suis celui qui remémore »
Depuis son adolescence, Neruda n'a jamais cessé, à travers son œuvre multiple, de tenir le journal d'une vie dont on dirait qu'il craint de perdre la moindre page. Sur des rythmes aussi divers que les moments d'une journée ou d'une destinée, Mémorial de l'île Noire (Memorial de isla Negra), publié en 1964, pour le soixantième anniversaire de l'auteur, est le livre des souvenirs. L'enfance, les amours, les voyages, la politique, la nature, la joie et la souffrance, et l'amour de nouveau offrent les thèmes de ces évocations d'un lyrisme passionné à l'image de l'inspiration qui a toujours brûlé chez Pablo Neruda.
Son œuvre se renouvelle encore ; d'autres titres s'ajoutent, en sa vieillesse, à la liste des ouvrages cités. En 1967 est créée sa première œuvre dramatique : Splendeur et mort de Joaquín Murieta (Fulgor y muerte de Joaquín Murieta). Mais, depuis longtemps déjà, Neruda a donné à la littérature de l'Amérique de langue espagnole la marque de son génie composé à la fois de force et de simplicité, d'intuitions fulgurantes et de généreuse humanité.
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