Avec Pablo Escobar, tué le 2 décembre 1993 par les forces anti-drogue colombiennes, disparaît, à quarante-quatre ans, celui qui symbolisait le pouvoir et la richesse des trafiquants de drogue. En Colombie, aux yeux des milliers de personnes qui suivirent son enterrement, il incarnait en outre la revanche des humbles et des métis sur les classes dominantes créoles. Fils du contremaître d'une propriété appartenant à une grande famille de Medellín, le jeune Pablo, après avoir été chauffeur chez un industriel, entra dans le monde de la délinquance : vol de voitures, puis trafic de cocaïne. Arrêté en juin 1976, alors qu'il s'apprêtait à prendre livraison de vingt kilos de cette drogue, il ne fut jamais jugé, son dossier ayant été détruit et tous les témoins successivement assassinés.
Ses méthodes expéditives se doublaient d'un sens extraordinaire de l'organisation : il sut utiliser la colonie de Colombiens installée aux États-Unis pour monter ses réseaux d'exportation et de distribution de cocaïne et s'entourer de gens audacieux — qui ne constituèrent cependant jamais un “cartel” proprement dit. À Medellín, il s'est rendu populaire en aménageant des stades de football ou en fai […]
