Champion solitaire, ascétique, silencieux, l'athlète finlandais Paavo Nurmi pouvait parfois sembler dédaigneux, tant la concentration qui était la sienne à l'approche d'un grand événement l'éloignait de toute sollicitation qu'on n'appelait pas encore « médiatique ». Toujours est-il que celui que les journalistes surnommèrent le « Finlandais volant » construisit, à force de ténacité, une œuvre athlétique quasi inégalée. De 1920 à 1932, il régna en maître sur le demi-fond et le fond mondial, multipliant médailles olympiques et records du monde, qu'il établissait avec la régularité d'un métronome.
Mais l'idole finlandaise, orphelin de père à l'âge de douze ans, ce qui avait plongé la famille dans le besoin, eut le mauvais goût, pour les autorités sportives de l'époque, de monnayer son talent, et fut pour cela voué aux gémonies par les tenants de l'amateurisme sportif. Disqualifié pour « professionnalisme » quelques jours avant le début des jeux Olympiques de Los Angeles en 1932, où son ultime défi était de remporter le marathon, Paavo Nurmi dut laisser inachevée sa fantastique symphonie athlétique. Vingt ans plus tard, il connut l'honneur d'embraser la vasque olympique à l'oc […]
