En 1995, le prix Nobel de chimie a été attribué à Paul Crutzen, Mario Molina et F. Sherwood Rowland pour leurs travaux sur les processus qui modifient l'abondance de l'ozone dans les différentes couches de l'atmosphère. Dès les années 1970, les scientifiques avaient soulevé le risque de la destruction de l'ozone stratosphérique par des produits issus de l'activité humaine. Cette alerte a fini par conduire les décideurs politiques et les industriels à abandonner une technologie florissante. Ainsi, par crainte des conséquences à l'échelle globale, on aura mis fin à une « expérience » involontaire constituée par l'introduction de chlorofluorocarbures (CFC) dans l'atmosphère.
La nature aura par ailleurs perturbé la stratosphère lors de l'éruption spectaculaire du Pinatubo (Philippines) en 1991, à un moment où la curiosité et les appréhensions des chercheurs, l'activité des médias et les craintes du public avaient conduit à la mise en place d'importants moyens d'étude de l'atmosphère. Cependant, le problème de l'ozone est au moins double, sinon triple, car si ce gaz joue un rôle d'écran protecteur dans la stratosphère en absorbant les rayons ultraviolets (U.V.), il constitue un polluant toxique dans la troposphère, et il participe aussi à l'effet de serre.
1. Découverte de l'ozone atmosphérique
L'ozone (O3), découvert en laboratoire en 1839 par le chimiste souabe Christian Friedrich Schönbein (1799-1868), est un gaz à l'odeur âcre que l'on peut détecter lors de sa formation dans les décharges électriques (foudre, courts-circuits, etc.). Ce gaz est le seul constituant atmosphérique capable de filtrer le rayonnement U.V. entre 240 et 300 nanomètres (1 nanomètre = 10–9 m) de longueur d'onde. Cet intervalle fixe la limite effective dans l'ultraviolet du spectre solaire observé du sol. De ce fait, l'ozone nous protège des photons énergétiques capables de désorganiser les molécules complexes du vivant. De plus, l'ozone contribue à l'effet de serre par sa bande d'absorption à 9,6 micromètres (1 microm […]
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