Les oxydoréductions, réactions chimiques couplées par lesquelles une substance se réduit en prélevant des électrons à une autre qui s'oxyde, sont des étapes essentielles dans les biodégradations et les biosynthèses, autrement dit dans le métabolisme qui sous-tend l'activité vitale des organismes animaux ou végétaux. Leurs mécanismes sont bien connus, et la connaissance du potentiel d'oxydoréduction permet de prévoir le sens des échanges. Des transporteurs d'électrons, reliant des métabolites plus ou moins éloignés, confèrent à la machinerie métabolique des cellules vivantes cohésion et souplesse, tandis que des processus générateurs de composés à haut potentiel énergétique, tel l'adénosine triphosphate (ATP), permettent aux organismes et aux cellules dont ils sont constitués de disposer à point nommé de l'énergie que les oxydoréductions retirent des aliments et des assimilats.
1. La notion d'oxydoréduction
Il y a oxydoréduction entre deux composés (ou groupe de composés) lorsque l'un d'eux s'oxyde tandis que l'autre se réduit. Pour mieux saisir le sens et l'intérêt de cette notion en biologie, voyons comment elle a pris corps.
• Le rôle de l'oxygène
L'idée d'une certaine analogie entre la vie et le feu est fort ancienne et se retrouve dans le langage commun, où l'on « brûle de passion », on n'a plus qu'une « étincelle de vie » et, pour finir, « on s'éteint ». C'est Lavoisier qui montra qu'il ne s'agissait pas là d'une simple image, mais bien d'une réalité, en établissant que les échanges gazeux sont les mêmes dans la respiration et la combustion. Ce qui lui permit d'écrire en 1789, dans son Premier Mémoire sur la respiration des animaux : « La respiration n'est qu'une combustion lente de carbone et d'hydrogène, qui est semblable en tout à celle qui s'opère dans une lampe ou dans une bougie allumée, et, sous ce point de vue, les animaux sont de véritables combustibles qui brûlent et se consument. »
Autrement dit, les échanges gazeux de la respiration traduisent, comme dans la combustion, une fixa […]
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