2. Musée imaginaire de la mythologie
Ici et là, dans ce premier groupe d'œuvres, apparaissaient des souvenirs de la mythologie grecque. Les Métamorphoses – quinze livres d'hexamètres dactyliques – sont l'épopée du mythe gréco-latin, en même temps que celle de l'amour et surtout du devenir. Justifiée au livre XV par un discours du philosophe Pythagore sur l'interdiction de manger de la viande, l'évolution du monde et la métempsychose, l'entreprise d'Ovide a été de rassembler en les classant, selon une chronologie légendaire allant du chaos et de la création au règne d'Auguste, toutes les légendes – plus souvent lointaines ou étrangères que fondamentalement grecques ou romaines – concernant la plupart du temps des métamorphoses d'êtres humains en plantes, animaux, astres, pierres, etc. Ainsi se trouvent réunis Lycaon, Deucalion, Phaéton, Narcisse, Hermaphrodite, Arachné, Persée et Andromède, Jason et Médée, Circé, Dédale et Icare, Énée, Romulus, Numa, César, etc. Très épris de baroquisme, Ovide sait voir et faire voir le lent déroulement de la transformation ; il manifeste ici, à la fois, le goût d'une forme originale de merveilleux et le sentiment aigu de ce qu'il y a de profondément vital dans la métamorphose. En même temps, il travaille aux Fasti, le poème du calendrier romain. Il a commenté les fêtes des six premiers mois de l'année avec un souci constant de l'étiologie, des mythes et des rites qu'il décrit très minutieusement, en donnant la place qui leur revient à Janus, à Cérès, à Vénus, et sans renoncer à son intérêt majeur pour les problèmes de l'amour. Cette œuvre n'a pas été achevée.
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