3. L'Ouzbékistan indépendant
Depuis son indépendance le 31 août 1991, l'Ouzbékistan connaît un régime présidentiel autoritaire. Même si la transition n'a pas été aussi difficile qu'au Tadjikistan, la situation s'est tendue, au cours des quinze premières années, entre un pouvoir tardant à mettre en œuvre une politique de libéralisation de la vie politique, économique, religieuse, intolérant à l'égard de ses opposants, et une population mécontente de ses conditions d'existence. Au final, le pouvoir du président Islam Karimov, pour qui le discours nationaliste a longtemps fait office de programme de réforme, ne tient que grâce à la fidélité des forces de sécurité, la recherche de soutien de puissances étrangères et la manipulation des rivalités clientélistes régionales. Cependant, après la répression de la révolte d'Andijan (mai 2005), la gravité de la situation semble avoir conduit le pouvoir à engager un début de libéralisation économique, de formation en matière d'éducation religieuse et de lutte contre la corruption. Le régime politique reste, quant à lui, autoritaire, n'acceptant aucune forme d'opposition organisée et préparant une succession dans les cercles rapprochés de ses partisans.
• Un régime autoritaire et répressif face à l'islamisme naissant
Les premières années d'indépendance ont vu un rapide durcissement des élites au pouvoir issues de la période soviétique – le président Karimov était premier secrétaire du Parti communiste d'Ouzbékistan depuis 1989 – contre les oppositions. Nationalistes et islamistes, celles-ci s'étaient organisées en trois partis durant la période de perestroïka : Birlik (1988) ; Erk, issu d'une scission au sein de Birlik (1990) ; Parti de la renaissance islamique (1990). Les opposants réunis autour d'un programme de revendications nationalistes ou religieuses sont interdits d'expression à partir de 1994. Leurs principaux leaders sont contraints à l'exil. Les manifestations d'opposition au régime sont, elles, durement réprimées (manifestati […]
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