5. En France, ils sont de retour dans les Pyrénées centrales
Grâce aux efforts conjugués des bénévoles d'une association de protection de la nature, de plusieurs communes et des services de l'État et avec l'aide de financements européens, deux ourses venues de Slovénie, Mellba et Ziva, ont pu être lâchées au printemps de 1996 en Haute-Garonne. Mellba a même donné naissance à trois oursons en 1997. Malheureusement, elle a été tuée par un chasseur en septembre de la même année. Un autre ours de Slovénie, Pyros, est venu les rejoindre en 1997. La maîtrise technique des opérations de capture et de transport a été excellente. Moins de vingt-quatre heures après leur capture en Slovénie, les ours, transportés dans une camionnette spécialement aménagée, étaient relâchés en pleine forme physique à Melles. Un collier émetteur permet à une équipe menée par un scientifique, de les suivre. En 2005, on comptait entre 10 et 14 ours issus de cette réintroduction, dont l'un a rejoint ses congénères des Pyrénées occidentales. Cette réintroduction a été accompagnée par Pays de l'Ours-A.D.E.T. – Association pour le développement économique et touristique des Pyrénées centrales – qui regroupe dix communes (neuf de Haute-Garonne et une autre de l'Ariège), favorables à l'ours, et qui œuvrent pour une cohabitation entre cet animal, le pastoralisme et la chasse. Leur travail d'explication, d'animation et de mobilisation a conduit à une revalorisation de l'image de l'ours dans cette partie des Pyrénées : un sondage, réalisé en février 2005, indiquait que 77 p. 100 des personnes sondées en Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées étaient favorables au renforcement d'ours dans les Pyrénées.
La poursuite du déclin de la population résiduelle des Pyrénées occidentales – mort naturelle de Papillon, doyen des ours pyrénéens (une trentaine d'années) en 2004 ; mort de la dernière ourse de souche pyrénéenne, abattue par un chasseur, la même année – a incité le ministre de l'Écologie et du Développement durable à annoncer, en janvier 2005, un plan de renforcement d'ours visant à doubler la population actuelle de l'ensemble des Pyrénées d'ici à 2008. La première phase de ce plan implique le lâcher à l'automne de 2005 de 5 ours, essentiellement des femelles.
La réussite technique des premières phases de cette réintroduction, effectuée dans les Pyrénées centrales en 1996 et 1997, ne doit cependant pas faire oublier qu'il eût été beaucoup moins coûteux, à tous points de vue, de prévenir la disparition des derniers ours de Haute-Garonne. Mais l'espèce humaine sait-elle prévenir ?
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