2. Géographie physique
L'Oural représente, en fait, une relique de montagne qui, depuis l'achèvement de la chaîne, s'est réduite en étendue et en altitude : les plissements couvraient une vaste zone entre les boucliers de l'Ukraine et de l'Angara. Or presque tous les plis ont été arasés et voilés par les transgressions marines et lacustres du Secondaire. Il n'en reste que des racines, des culots de volcans, des morceaux de socle. La morphologie actuelle résulte de l'action de l'érosion exercée en de longues phases d'aplanissement, ravivée par un soulèvement épeirogénique tertiaire d'amplitude moyenne, mais suffisant pour exposer les parties structurales les plus profondes d'une ancienne montagne dont il ne demeure que les moignons. Le versant russe, précédé du pays des uvaly, dépressions allongées entre les collines, est généralement en pente plus douce que le versant sibérien, formé d'escarpements liés à des failles. Cette dissymétrie s'accompagne de contrastes dans le climat. La barrière montagneuse oppose un obstacle aux dernières perturbations cyclonales venues de l'ouest : la pluviosité est de un mètre à l'ouest, de moins de 500 millimètres à l'est.
La direction méridienne de la chaîne a pour effet de perturber la régularité zonale : l'altitude altère les traits dus à la latitude, si bien que, dans chaque domaine climatique, apparaissent les caractères du domaine zonal situé plus au nord. Ainsi, l'Oural du Nord reste couvert d'une toundra nue ou boisée, jusqu'au 61e parallèle, alors qu'à ses pieds s'étend déjà la taïga ; l'Oural moyen (du 61e au 55e parallèle) porte une belle forêt, mais jusqu'à 800 mètres seulement ; l'Oural du Sud est une île de taïga au milieu de la steppe boisée et de la steppe.
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