3. Les collèges ou conseils d'oulémas
Dès les premiers siècles de l'islam, on trouve mentionnés, dans les écrits des historiographes et des géographes, des conseils d'oulémas installés près des souverains et même des gouverneurs de province. À vrai dire, il est surtout question dans ces écrits de « chefs des oulémas » (ra'īs al-‘ulamā'). On cite ceux de Médine, de Bagdad, de Damas, de Haute-Égypte et de Basse-Égypte, mais les textes sont muets sur la composition des collèges, qu'ils étaient censés diriger, à telle enseigne qu'on s'est demandé s'il ne s'agissait pas d'un titre honorifique ne correspondant à aucun conseil organisé. Toutefois, dès l'époque ottomane, l'hésitation n'est plus permise : il y eut à Istanbul un véritable Conseil des oulémas, dont les membres étaient désignés par le Shaykh al-islām et le Grand Vizir. Ils étaient rétribués, généralement, sur les revenus des fondations pieuses. Les grandes cités de l'Empire ottoman, cités dotées d'une mosquée illustre (Jérusalem, Le Caire, etc.), eurent aussi leur propre conseil, et la pratique s'étendit à tout l'islam.
Ces conseils n'avaient pas, en général, de pouvoir de décision : leur rôle se bornait à donner leur avis, lors de demandes de consultations des autorités. Il faut reconnaître que la situation des membres de tels conseils était pour le moins inconfortable, face à un gouvernement qui les avait nommés, qui pouvait les révoquer et qui les rétribuait directement ou indirectement, et l'on comprend qu'ils aient plus souvent cédé que résisté aux pressions qui se sont exercées sur eux, même quand il s'est agi d'une demande aussi extravagante que celle du roi Farouk, voulant faire attester qu'il était de descendance chérifienne !
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