2. Histoire
• Des origines à 1880
L'archéologie et la linguistique permettent de distinguer la naissance d'États ou de chefferies, sans doute assez petits, à partir de 900 au bord du lac Victoria puis dans la vallée de la Katonga.
Au début du xvie siècle, les Nilotiques luo quittèrent le sud-est du Soudan actuel et, par vagues successives, pénétrèrent, assez pacifiquement semble-t-il, dans le Bunyoro-Kitara, alors en pleine décadence. Ils fondèrent la dynastie Luo-Babito qui régna jusqu'au xxe siècle sur un Bunyoro rétréci, des dynasties apparentées régnant sur différentes principautés : Toro, Ankolé, Karagwé, Bouganda.
À la suite de multiples guerres civiles et extérieures, la dynastie du Bouganda, au milieu du xixe siècle, était devenue la première puissance de la région interlacustre. L'extrême centralisation du pouvoir et la fertilité du pays sont sans doute à l'origine de la suprématie des Baganda, qui appartiennent au groupe linguistique bantou.
Le Kabaka Mutesa Ier (1857-1884) gouvernait, assisté d'un Conseil, le lukiiko, d'un Premier ministre, le katikiro, tandis qu'à la tête des provinces il avait remplacé la plupart des chefs de clans (bataka) par des fonctionnaires royaux. Arrivés en Acholi vers 1855, au Lango en 1872, les chasseurs d'esclaves de Khartoum forcèrent Kabarega, souverain du Bunyoro, à réformer son royaume. Sa nouvelle armée moderne met en échec non seulement l'hégémonie égyptienne venue du Soudan mais également celle des Baganda.
Peu après apparurent les premiers Européens, John Hanning Speke d'abord en 1862, et surtout Henry Morton Stanley en 1875. Celui-ci fit savoir au Foreign Office que le Bouganda était le pays le mieux organisé pour accueillir les missions chrétiennes qui combattraient la traite et prépareraient les voies aux marchands et aux politiciens.
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