3. Approche réaliste et abstraction formelle pour une architecture rationnelle
Afin d'appliquer ses idées, il était important pour Wagner de participer aux concours publics nationaux et internationaux. Il remporte celui du siège de la Caisse d'épargne de la poste autrichienne en 1904. Ses idéaux architecturaux atteignent leur apogée avec ce bâtiment construit en deux temps : 1904-1906 pour le bâtiment principal, puis 1910-1912 pour l'agrandissement à l'arrière. La façade est revêtue de plaques de marbre et de granite fixées au béton armé par des boulons apparents en aluminium, d'une réelle beauté décorative. La salle des caisses a déconcerté les contemporains. Le plafond de verre et d'acier laisse passer la lumière qui emplit la salle et redescend par des briques de verre à l'étage inférieur ; une incroyable audace technique orchestre ainsi l'espace. L'équipement du bâtiment en électricité et climatisation, la force des piliers métalliques unie à la transparence du verre, font de cette œuvre l'une des plus modernes de l'architecture viennoise et l'élément phare de la carrière de Wagner.
L'architecte réalise deux derniers projets à soixante-huit ans, à nouveau comme architecte-financier : il s'agit de deux maisons d'habitation (1909-1911) dans la Döblergasse, quartier bourgeois près de la Ringstrasse, et dans la Neustiftgasse. Jusqu'à sa mort en 1918, il vivra dans cette dernière, dans un appartement de 280 mètres carrés avec un atelier de 220 mètres carrés. La façade de cette maison demeure très simple avec des plaques de verre qui forment un grand panneau rectangulaire sur lequel on peut lire l'adresse de la maison, « Neustiftgasse 40 ». Ainsi, la décoration de la façade contribue à l'implantation consciente du bâtiment dans la ville ; l'adresse même, comme fait ontologique d'une maison de ville, devient ici l'ornement. Aujourd'hui encore, la conception des façades reste redevable à cette pensée de Wagner.
À la même époque, Otto Wagner part aux États-Unis à New York pour participer au con […]
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