Né en Silésie, d'une mère tzigane, Otto Müller pratique dans sa jeunesse une peinture assez conventionnelle, mais, lorsqu'il arrive à Berlin en 1908, il se rallie immédiatement à Die Brücke. Simplifiant la forme mais ne s'en écartant jamais, il possède une technique spéciale (peinture à la colle sur toile de jute) qui rend les couleurs mates et assourdies, même lorsqu'elles obéissent à l'esthétique des oppositions pures à peine modulées. Il est par excellence un peintre de nus à la fois tranquilles et un peu tristes, aux visages vipérins et aux regards félins, placés en toute innocence dans des décors paradisiaques (Baigneuses, 1913, musée de Munster ; Nu debout sous les branches, 1915, musée de Düsseldorf). Après 1918, il se voue à l'étude des Tziganes au cours de voyages qui le mènent jusque dans les Balkans, d'où il rapporte sur ce peuple des toiles de plus en plus documentaires, mais toujours traitées dans le même style. Il termine sa vie comme professeur à l'École des beaux-arts de Breslau.
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